INTERVIEWS:
Frédéric Déhu ( 3 septembre 2000)
Stéphane Dalmat (25 juin 2000)
Ali Benarbia (24 juin 2000)
Frédéric Déhu:
Frédéric, quel est tout dabord ton sentiment maintenant
que tu es officiellement parisien
Un sentiment de satisfaction. Le projet était alléchant dès quon
me la proposé. Il a fallu faire les choses pour que Barcelone accepte les
conditions. Mais ça na pas été facile et ça a été long. Mais surtout, ce que
je voulais cétait porter ces couleurs. Et nous y voilà.
Tu nas pas réussi ce que tu espérais à Barcelone.
Arrives-tu à Paris avec un sentiment de revanche ?
Quand on part à létranger, que lon a de petits soucis,
que lentraîneur ne vous fait pas confiance et quau bout du compte tu ne joues
pas, cest un vrai point darrêt dans une carrière. Mais je ne viens pas au
PSG avec un sentiment de revanche. Je suis venu pour atteindre des objectifs communs, puis
personnels. Il y a un projet sportif intéressant et javais vraiment envie dy
adhérer.
Pour toi, revenir en France nest pas donc synonyme dune
régression ?
Dans chaque pays, il y a des clubs mythiques. En Espagne, ce sont le
Barça et le Real, et en France, il y a Paris. Je nai donc aucun sentiment de
régression. Je voulais revenir en France pour retrouver un rythme de compétition. Jai
fait une grande partie de la saison sur le banc de touche, et à mon âge je ne pouvais
pas continuer comme ça. A Barcelone, je ne me sentais plus désiré.
Tu es parti de France avec le statut du futur grand libéro
des Bleus, celui dun joueur davenir. Crois-tu retrouver tout cela ?
Je suis venu à Paris pour retrouver tout ça. Paris est un club qui
est suivi, et si mes performances sont à la hauteur, je retrouverai un certain statut. De
toute façon, je dois donner sur le terrain autant que lintérêt que les dirigeants
ont porté sur moi.
Tu es né à Villeparisis, en région parisienne, mais tu as
été formé à Lens. Enfant, est ce que le PSG ta attiré ?
Lorsque lon est natif de la région parisienne, ou dune
autre région dailleurs, on a toujours lespoir de porter les couleurs du club
de sa région. Ça aurait pu être le PSG comme une autre équipe, et finalement je suis
parti à Lens.
Ligue des champions, championnat, Paris va jouer sur de
nombreux tableaux cette saison
La Ligue des champions est alléchante. Lorsque lon y a
goûté, cest toujours intéressant dy participer. Cest une compétition
fabuleuse, où il ny a que des matches de haut niveau. Mais surtout, il ne faut pas
occulter le championnat qui est notre pain quotidien. Ma priorité reste donc le
championnat. Car même si on a la chance daller loin en Ligue des champions, cest
grâce au championnat que lon peut la rejouer la saison suivante.
Que penses-tu des objectifs fixés par le club (quarts de
finale en Ligue des champions et requalification via le championnat pour la campagne
suivante) ?
Les objectifs ne me paraissent pas du tout démesurés. Il y a de la
qualité individuelle et collective dans le groupe.
Tu étais au Parc, dimanche soir ? Quas-tu pensé de ce
PSG-Bastia ?
Cétait un très bon match, avec des buts à la clé. Mais léquipe
est encore en rodage, et il lui reste encore à trouver toute lénergie commune.
Que tinspire le Parc des Princes ?
Le Parc des Princes est un stade dans lequel on a envie dévoluer.
Je verrai de toute façon lors de mon premier match comment ça se passe.
Où en es-tu physiquement ?
Il me faut dabord intégrer le groupe. Jai du retard sur
mes partenaires, car Barcelone na disputé que des matches amicaux auxquels je nai
pas participé. Jai repris lentraînement le 17 juillet, mais je nai
fait que mentraîner. On va donc pas brusquer les choses.
Tu gardes tout de même un bon souvenir de ton passage à
Barcelone ?
Quand on a la possibilité de jouer aux côtés de joueurs comme
ceux quil y a à Barcelone, on progresse tous les jours. Et même si ça ne sest
pas passé comme je le voulais, ça reste une expérience enrichissante.
Nicolas Anelka
On na pas laissé le temps à Nicolas. En Espagne, son
transfert a été un très gros transfert, et du coup, il a été très mal perçu. On la
alors catalogué avec une étiquette qui nest pas la sienne.
Je pense que Jean-Luc Lamarche a été important dans ton
choix de rejoindre Paris ?
Jean-Luc Lamarche est quelquun que jestime. Il ma
recruté pour aller à Lens, et nous avons toujours gardé le contact.
Quel numéro porteras-tu sur tes maillots ?
Le numéro 13, qui était le numéro que javais à Lens, et
qui correspond à la date de naissance de mon fils. Depuis que je lai porté, il ne
mest arrivé que des bonnes choses, sauf lan passé où je ne le portais pas
Le mot de la fin
Je suis persuadé que nous allons faire quelque chose de fort cette
saison.
Source: Site Officiel du PSG
Stéphane Dalmat:
Après Lens et l'OM, le PSG est votre troisième club en trois
ans. N'êtes-vous pas un peu las de tous ces changements ?
Stéphane Dalmat. Je commence à avoir l'habitude. On s'y
fait. A chaque fois, c'est un nouveau départ. Moi, je ne suis pas toujours demandeur. Ce
sont les circonstances qui décident. L'OM m'a lâché pour des raisons économiques.
J'étais déçu, le discours des dirigeants marseillais m'a blessé. Ma priorité était
alors de partir à l'étranger.
On vous a même longtemps annoncé à l'Inter Milan.
Oui, mais il n'y a jamais rien eu de signé et je ne me suis jamais
rendu en Italie comme on a pu le dire. Aller là-bas était tentant. Dans ma tête,
c'était presque acquis. J'avais aussi des contacts avec le Real Madrid. Mais le PSG
était la solution la plus sage. Je n'ai que 21 ans, j'ai encore le temps d'aller voir
ailleurs. Et puis, j'ai vraiment envie de faire plus d'une saison dans un même club, de
m'imposer quelque part avant de découvrir un autre championnat. J'ai besoin de stabilité
et de reconnaissance.
Vous voulez dire que vos prestations n'ont pas toujours été à la
hauteur de votre réputation ?
J'ai encore tout à prouver. Si j'ai été capable de me hisser à
un haut niveau en certaines occasions, je dois le faire durablement dans une saison.
Comment avez-vous vécu la dernière saison avec l'OM ?
Les six derniers mois ont été terribles. Je n'ai pas pris beaucoup
de plaisir. La pression des supporters était aussi très forte. Tout ça m'a
impressionné et parfois on se dit que ça va trop loin. J'ai eu peur, pour moi mais aussi
pour ma famille, et je n'étais pas le seul. Dugarry est parti pour cette raison.
La vie au PSG n'est pas non plus de tout repos...
Je sais. Lorsque j'ai signé, j'ai demandé aux dirigeants parisiens
si je risquais d'avoir des soucis avec les supporters parisiens. Ils m'ont assuré que
non. Mercredi, pour la reprise, j'ai été très bien accueilli par le public. Maintenant,
j'attends le baptême du Parc des Princes.
Vous considérez-vous comme un leader ?
Malgré mon âge, j'assume. J'ai un statut d'international (NDLR :
espoir) et j'ai déjà disputé deux Ligues des champions. Je me sens assez mûr et je
suis prêt à transmettre mon vécu aux autres. Très tôt, j'ai eu des responsabilités.
Parfois, je me dis qu'on est un peu trop exigeant avec moi. Mais je l'accepte. C'est la
seule façon de viser plus haut. Quel poste occuperez-vous sur le terrain ? Moi, je veux
jouer milieu axial. Ou alors côté droit, mais avec la possibilité de repiquer dans
l'axe. En tout cas pas côté gauche comme c'était le cas à Marseille. Je suis
polyvalent mais, dans ce cas précis, ce serait vraiment à contrecoeur.
On évoque l'arrivée de Peter Luccin, votre ancien coéquipier à
l'OM. Qu'en pensez-vous ?
Il paraît que son transfert est en bonne voie. C'est bien. A partir
du moment où le PSG a de grosses ambitions, il est normal qu'il se renforce.
Source: Le Parisien
Ali Benarbia:
Entre léquipe de France qui ta fait les yeux
doux à un certain moment, et léquipe nationale du pays où tu es né (Oran,
Algérie), ton choix a mis longtemps à se faire. Aujourdhui tu as décidé de jouer
pour lAlgérie. Pourquoi ?
Tout dabord, jai toujours fait le choix de jouer pour
lAlgérie, mais depuis neuf saisons que je me renseigne, chaque fois je constatais
quil ny avait aucune organisation mise en place. Cette fois, des garanties
mont été données, et pour cette raison jai décidé de répondre présent.
Alors quelles sont justement ces garanties ?
Le club du joueur sélectionné recevra sa convocation trois
semaines avant chaque stage, ce qui est normal et régulier pour le club. Ensuite, la
sélection nationale prendra en charge les frais du joueur sélectionné de A à Z. Et
puis, le président de la fédération (M. Omar Kezzal) a mis en place un système
informatique qui permet une gestion plus efficace, aussi bien pour le transport de chaque
joueur que pour lensemble des besoins dune sélection. Et puis, les joueurs
professionnels comme moi essayent de trouver des sponsors pour améliorer le tout (Ali
Benarbia sest chargé de faire rejoindre parmi les partenaires de la fédération,
la compagnie nationale algérienne pour lensemble des transports aériens de
l'équipe nationale, nda). Ainsi, on verra peut-être plus de joueurs algériens évoluer
en Europe
Lan passé, le sélectionneur Ighil avait testé
léquipe nationale sur plusieurs matches amicaux en France, notamment à Lyon et à
Auxerre. Tu avais alors refusé dy participer. Pourquoi ?
Après le premier match de Lyon, où je métais rendu pour
voir sur place, javais répondu négativement car javais pu me rendre compte
que rien navait vraiment changé et que donc rien nétait organisé.
Et maintenant, peux-tu encore vraiment savourer ces appels en
sélection comme un jeune premier ?
Je suis même plus content car enfin ils ont fixé un objectif au
football algérien, et maintenant, je suis content de partir avec eux car ils prennent
vraiment léquipe nationale en considération.
Mais tu es quand même plus proche de la fin de ta carrière que du
début
Mais cest pour les jeunes que je le fais, pour quils ne
connaissent pas les mêmes problèmes que moi !
Quest-ce qui te fait croire que dans deux mois les choses ne
vont pas revenir comme auparavant ?
Je men suis entretenu avec le président de la République M.
Bouteflika lorsquil a été reçu à lElysée, mais aussi avec le ministre des
sports et le président de la Fédération, et leur discours tout comme leurs volontés
sont unanimes.
Finalement depuis les exploits de la bande à Madjer lors de la
coupe du Monde en Espagne en 1982, lAlgérie na guère brillé au niveau
international
La génération de 1982, celle de Madjer, a été éphémère, rien
na été fait pour la remplacer. Et aujourdhui, je ne trouve quand même pas
normal quil y ait plus de licenciés algériens en France quen Algérie.
Depuis cette époque, la fédération na jamais pris en considération
léquipe nationale, alors que les joueurs qui évoluaient en France étaient eux
beaucoup plus fiers que les dirigeants à simaginer avec le maillot vert de la
sélection nationale.
Mais pourquoi ?
Ils ne voulaient pas faire defforts pour léquipe
nationale. Les joueurs sélectionnés devaient se contenter de rentrer sur le terrain et
sentendre dire « tu joues et bonne chance.
Qui sera donc le Benarbia sous le maillot vert de la sélection
?
Je serai toujours un relais entre les joueurs, et si il y a un
besoin de donner un coup de main dans lorganisation de la sélection, je le ferai.
Peut-on imaginer un jour Ali Benarbia avec des responsabilités au
sein de la fédération algérienne ?
On verra bien après. Peut-être même que je ne serai plus dans le
football. Mais je resterai toujours un supporter de léquipe nationale.
LAlgérie a-t-elle des chances de disputer la coupe du monde
2002 ?
Tant quil ny aura pas un groupe précis, on ne saura pas
quelles sont les chances de lAlgérie pour se qualifier à la coupe du Monde 2002.
Aujourdhui, cest surtout un rêve. Attendons de voir quels joueurs viendront
pendant le stage du Maroc (Maroc-Algérie, le 9 juillet à Casablanca, match éliminatoire
comptant pour la qualification au Mondial 2002, nda).
Comment as-tu vécu le départ de la sélection de Moussa Saïb ?
Je nai pas eu Moussa au téléphone depuis quil est
parti. Sa place dans le football algérien était un plus. Cest un bon joueur, un
joueur dexpérience qui va manquer à la sélection.
Auras-tu le brassard contre le Maroc ?
Davoir le brassard contre le Maroc ou pas, nest pas le
plus important. Ce que je souhaite par dessus tout, cest dêtre prêt à 100
%, et cette fois, nous aurons enfin une semaine pour nous préparer tous ensemble.
La façon dont a été reçu par les autorités françaises le
président algérien, M. Bouteflika, na pas dû te laisser insensible
Oui, bien sûr. Il va pouvoir y avoir un pont entre deux pays qui
sadorent et qui se sont éloignés trop longtemps. Et je crois que le football est
la passerelle la plus facile et la plus logique pour améliorer les relations entre les
deux pays.
Ali Benarbia futur ambassadeur ?
(Sourire gêné). A mon avis, je le suis déjà dune certaine
façon en tant que footballeur professionnel en France.
Finalement on connaît peu le Benarbia des grandes causes. Après le
racisme et ta contribution au clip de SOS Racisme, tu travailles pour la promotion du
football algérien. Ce sont les choix dun homme qui mûrit ?
Je le fais depuis longtemps sauf que lon n'en parlait pas. Et
puis il ny avait pas lieu den parler car je ne le fais pas pour ça.
Source: Le sîte officiel du PSG